
Cher Monsieur Labonté,
Pardonnez mon délai à vous répondre, j'étais à l'extérieur du Québec. Maintenant, au risque de vous paraître insistante, voire impertinente, permettez-moi de revenir vous parler au sujet de votre fille. D'abord que soit bien claire une chose importante : Marie-Hélène n'est pas une « cliente » pour moi ; je ne suis pas une compagnie pharmaceutique. Je n'ai rien à vendre. Je suis une éducatrice, je ne cherche donc pas de « clients ».
Ce que je vous ai offert, ce que je vous offre, c'est une alternative inédite à toutes les ressources qui existent au Québec pour aider votre fille à retrouver la joie de vivre. Pourquoi ? Je vous l’ai dit : je suis éducatrice et pas un enfant malheureux ne m’est indifférent. Vous avez déjà fait tous les efforts pour aider Marie-Hélène : vous avez tenté de vous rapprocher d’elle, vous l’avez fait suivre par toutes les ressources de son école, vous l’avez amenée chez quatre psychologues différents, chez le pédopsychiatre, vous lui avez offert un voyage excitant à Noël ; à la maison, vous avez assoupli les règles, cessé d’exiger d’elle ce qu’elle n’aime pas, évité de poser trop de questions, etc., etc. Bref, vous avez multiplié des trésors de générosité pour lui faire plaisir en espérant que ces plaisirs lui redonnent le goût de quelque chose.
Certains seraient tentés de penser que le temps va arranger les choses. Mais si on y regarde à deux fois, le temps gâte les choses beaucoup plus qu'il ne les sauve, n'est-ce pas ? C'est sans doute une sorte de loi de la nature. S'agissant de Marie-Hélène, il faut bien comprendre que les comportements, les tristesses, les échecs que vous notez chez elle aujourd'hui - et qui sont en droite ligne venus des comportements, tristesses et échecs qui ont été sa réalité depuis trop longtemps -, l'ont convaincue que la vie, c'est la désespérance. Pourquoi ? C'est très simple : chacun de nous tirons des leçons de nos expériences ; nous tirons d'elles notre philosophie de vie personnelle. Je me trompe ? Or, les expériences de Marie-Hélène l’ont amenée à se dire : « À quoi bon ? ». En ce moment, vous dites qu'elle semble mordre à belles dents dans une amitié nouvelle ; c'est excellent . Mais en soi, est-ce suffisant ? On pourrait en douter, et pour au moins deux raisons : 1. la fréquentation d'une copine n'éduque pas ; la copine est trop jeune pour apporter la sérénité et surtout la force de caractère dont votre fille a besoin pour vivre avec confiance le reste de sa vie ; 2. que va-t-il se passer lorsque ce lien exclusif cessera ? une amie ne peut pas constituer une bouée de sauvetage, ni un palliatif au manque de confiance en soi. Autrement dit, c’est afin de ne pas être à la merci du hasard des rencontres qu’il nous faut avoir développé des ressources intérieures qui donnent un sentiment profond d’être satisfait de soi-même et une confiance en l’avenir. Nous devons donc nous demander alors sincèrement quelles sortes d’expériences sont susceptibles, pour une enfant, de l’aider à découvrir ses raisons de vivre c’est-à-dire à donner du sens à sa vie. Voilà pourquoi Xpérience Xtrêma devrait vous intéresser.
J’espère, Monsieur Labonté, que vous ne prendrez pas ombrage de mes propos aussi directs et que vous y verrez la marque de mon souci sincère pour le bonheur de votre fille.
Bien à vous,
Monique Lortie, M.A. phi.